Ordralfabétix
Eh bien en fait, le colonel O’Nul et son équipe avaient profité de l’absence de leur seigneur et maître Zarbouf pour explorer les grottes inexplorées au fin fond de la Zarbcave qui comme leur nom l’indique étaient encore inexplorées au fin fond de la Zarbcave. Ils étaient tombés sur le rassemblement annuel des gens de la nuit, un bal des vampires que ça s’appelle, si si. Ils avaient bu un drôle de liquide tiède et rougeâtre et éprouvaient à présent l’irrésistible envie de se mordiller les uns les autres, chose dont ils ne se privaient pas. Le docteur Klakson tenta d’élucider la mythologie vampirique en assaillant leur doyen de questions, celui-ci (occupé avec une danseuse de French Cancan) lui laissa sa carte de visite afin qu’il le contacte ultérieurement et qu’ils fixent une date pour un entretien.
Pour en revenir à ce qui se passait sur le vaisseau, mais pas encore à Zarbouf (hey ! ça fait même pas une page qu’on l’a quitté. Il vous manque à ce point ?... Je sais à moi aussi. Enfin... presque...), Anne était toujours enchaînée face au Cladosore. La pauvre souffrait le martyre. Enfin... euh... oui, bon, c’est vrai que si on y regardait de plus près c’était le Cladosore qui était en train de pleurer et Anne qui affichait un sourire triomphant et sadique. Y’a des gens comme ça qui sont intorturables, qu’est-ce que vous voulez, on n’y peut rien nous autres auteurs. Si vous voulez satisfaire vos penchants vicieux vous avez qu’à rejoindre le Divin Marquis, bande de petits tordus ! Pfff, nans mais, j’te jure. Donc Anne, eh ben elle allait très bien. Elle faisait pleurer le Cladosore et s’apprêtait à lui faire avaler sa langue car il avait été malpoli (tiens, ça me rappelle quelque chose...). Alors que le Cladosaure déversait toutes les larmes de son corps sur ses chaussures roses fluo à talons aiguilles, Anne quitta discrètement sa chaise et se dirigea vers la porte. Elle pencha la tête au dehors pour vérifier qu’il n’y avait aucun garde dans le couloir puis faussa compagnie au Cladosaure. Elle se rua hors de l’établissement scolaire et fit signe au premier taxi.
- A l’angle de la 23ème Nord et de la 42ème Sud ! Vite !
- On n’est pas dans un mauvais téléfilm américain ici, grogna le chauffeur. Ou qu’elle veut aller la p’tite dame ?
- Bon d’accord, rue du vieux marché au choux, mais ça l’fait moins quand même.
- C’qui l’fait surtout c’est mes cinquante balles le kilomètre alors allonge le fric, poupée.
- Le fric ? s’étonna Anne. Je croyais que les frais étaient pris en charge par la production ? C’est intolérable, il va falloir organiser une grève des personnages de romans.
(Note d’un coauteur : dites donc, on est pas dans une superproduction hollywoodienne ici ! Les auteurs ne sont pas riches alors faut que les personnages y mettent un peu du leur ! C’est pigé ?) (Ca fait du bien de faire sentir qui est le maître de temps en temps...) Anne donna gracieusement à contrecœur l’argent demandé et le taxi se mit en route. Au bout de quelques mètres, Anne, qui s’y connaissait en permis, ne doutait plus que son chauffeur n’ait trouvé le sien dans une pochette surprise marquée “interdit aux enfants de moins de 36 mois, des pièces peuvent être avalées”. Lorsqu’elle sortit enfin, elle embrassa le sol avec soulagement. (Ah ! On me signale qu’en fait elle embrassait le sol pour imiter les Indiens, sauf que eux ils écoutent avec leurs oreilles et pas leur bouche). Zarbouf finirait inévitablement par se rendre ici, il ne lui restait plus qu’à l’attendre. Mais pas en pleine rue voyons ! Un peu de bon sens ! Anne était dorénavant une fugitive recherchée dans tout l’état du vaisseau ! Des étudiants fauchés accrochaient déjà des affiches “Wanted” dans toute la ville ! Elle devait changer d’identité, de visage, d’empruntes digitales ! Devenir une Madame In Black ! Elle était le docteur Richard Kimble du nouveau millénaire ! Et là je vais arrêter de mettre des points d’exclamation à la fin de mes phrases parce que ça utilise plus d’encre qu’un simple point ! Et l’encre c’est de l’argent ! Et l’argent, Anne la fugitive en a besoin depuis qu’elle s’est fait arnaquer par le chauffeur de taxe-i ! Alors je vais économiser encore plus d’encre en arrêtant d’écrire ! (A ton tour Anaïs, ça me dérange pas si toi tu utilises ton encre) (Eh ! Mais moi aussi je suis pauvre ! Pfff !) En réalité, deux solutions s’offraient à elle : disparaître et rester planquée jusqu’à ce que Zarbouf arrive (ce qui pouvait durer très longtemps étant donné le zigoto) ou changer totalement d’apparence et attendre au milieu de la rue (comme ça au moins elle serait sûre de ne pas le louper). Mais elle ne pouvait pas faire de chirurgie esthétique, sinon comment aurait-elle pu se faire reconnaître de son époux bigleux ? Soudain elle aperçut une Herren-Berger (c’est une race de professeurs qui a l’habitude de rassembler ses élèves en troupeau) qui sortait de son magasin de vêtements préféré. Ce style était tout à fait à l’opposé de celui de notre grungy-girl. Elle avait trouvé la solution ! Elle entra dans le magasin d’un pas mal assuré. Toutes ces bonnes femmes en tailleurs à fleurs trop serrés et maquillées comme des Picasso qui la regardaient comme une intruse (ce qu’elle était, d’ailleurs) la mettaient mal à l’aise. Elle longea l’allée principale et attrapa le premier ceintre qui lui tomba sous la main (non, en fait elle n’attrapa que le deuxième parce que le premier était un tee-shirt Pokemon, elle était peut-être désespérée mais pas folle). Elle alla directement payer à la caisse (encore une page d’encre en moins, va falloir se serrer la ceinture Anaïs) puis quitta les commères du magasin “Tonton, c’est chic”. Elle alla se changer dans une cabine téléphonique comme superman (enfin sauf que superman il s’assure d’abord que personne ne le voit) et fut bientôt méconnaissable. Et voici en exclusivité la prochaine collection d’été de chez Jean-Paul Goutière...
Maintenant que Anne est en sécurité avec sa panoplie de Herren-Berger, on peut retrouver Zarbouf... Après avoir sauté du wagon, le chou de Bruxelles était misérablement tombé sur les rails voisins et n’avait échappé à l’écrabouillement sous un Train-en-Grande-Vadrouille qu’en effectuant un saut périlleux arrière pour remonter sur le quai. Il entendit Spichzébuth pousser un hurlement de rage. Mais ça n’avait rien à voir avec ses qualités auditives personnelles, tout l’univers avait entendu ce cri de rage. Il se précipita à travers la gare tandis que des balles de mitrailleuses déchiraient l’air autour de lui. Les sbires de son ennemies étaient déjà à sa poursuite. Soudain il déboula devant un escalier et effraya une pauvre femme qui laissa échapper son landau. Le véhicule à bébé se mit à dévaler l’escalier au ralenti, les balles sifflant autour de lui. Zarbouf se précipita, mais il ne put empêcher le bébé d’aller s’écraser sur le mur d’en face. Il fonça vers les doubles portes vitrées et se les prit en pleine figure.
- Les portes ne s’ouvrent pas aujourd’hui, l’informa un fonctionnaire sans réelle fonction. Elles font grève.
Quelques projectiles provenant des mitre-aïe!-euses firent voler les vitres en éclat et et Zarbouf put reprendre sa course effrénée. Il sauta dans le premier bus qu’il vit et démarra en trombe. Une passagère se leva alors et vint prévenir le chou de Bruxelles conducteur :
- Euh, bonjour je suis Sandra Bulle-Loque. Je crois que vous n’auriez pas dû dépasser les 50Km/h en agglomération...
- Pourquoi ?
- Bein d’abord parce que c’est interdit par la loi et que vous risquez de perdre des points sur votre permis, et ensuite parce que maintenant on va être obligés de faire un remake de Spide.
- C’est quoi Spide ? fit Zarbouf que le discours incompréhensible de cette femme commençait à énerver.
- Un truc très drôle, vous allez voir, répondit la loque. Si vous ralentissez, la bombe cachée sous le moteur explosera. Ok ?
- Ko, rétorqua Zarbouf en accélérant. Tenez, vous voudriez pas prendre le volant pendant que je désamorce la bombe ?
- Bien sûr, je suis là pour ça.
Ils échangèrent leurs places. Zarbouf ouvrit la porte.
- Un dernier conseil, fit-il. N’écoutez jamais le baratin des héros.
Et il sauta. Il se ramassa dans une poubelle, mais au moins il n’était plus dans un bus piégé par je ne sais quel psychopathe. Zarbouf se redressa avec toute la fierté et l’honneur d’un chou de Bruxelles qui a une peau de banane sur la tête. Il regarda autour de lui et constata qu’il était en plein centre ville. Il arrêta un homme avec un grand imperméable brun pour lui demander où il était mais l’étranger ouvrit subitement son manteau à l’intérieur duquel il transportait des dizaines de montres de contrefaçon : des Roldex, des Carter (tiens, ça me rappelle quelque chose...), ... Zarbouf fit un grand sourire puis s’éloigna discrètement. Il voulut s’adresser à une petite vieille mais elle l’assomma avec son sac à main en le traitant de petit voyou pervers. Heureusement il finit par tomber sur un plan de la ville, et quand je dis “tomber” c’est “tomber” parce qu’il avait trébuché sur une crotte de chien en plastique et s’était écrasé le nez contre le panneau. Il découvrit enfin qu’il se trouvait à C’Trace-Bourre-Capitale-Du-Vaisseau-Goa’uld-Que- Spichzébuth-A-Piqué-Aux-Goa’uld, la capitale du vaisseau Gao’uld que Spichzébuth a piqué aux Goa’uld, comme son nom l’indique. Si seulement il avait su qu’il était dans la même ville que sa tendre Anne, mais il ne le savait pas parce qu’on ne peut pas être à la fois dans l’histoire et la lire, bein ouais. Chel nok’in, c’est très con, comme le dirait si bien notre ami Tilt. Eh oui, comment allait-il faire pour retrouver sa bien-aimée ? A moins que ce ne soit elle qui le retrouve... Enfin, pour l’instant Zarbouf était paumé à CTBCDVGQSAPAG (même en abrégé ça reste une ville immense. Mais d’où vient ce nom ? Mon coauteur daignerait-il nous en faire l’hystérique, pardon, l’historique ?). Il examina le plan de la ville. Où Spichzébuth pouvait-elle bien garder Anne prisonnière ? Différentes possibilités s’offraient à lui : la GPL (Grande Prison Lunaire), la GMF (Grande et Moche Forteresse), l’OGM (Organisation des Grands Méchants) ou une fête foraine. Après un long temps de réflexion, Zarbouf en arriva à la conclusion que le lieu le plus évident de détention d’Anne était la fête foraine, et cette conclusion n’avait rien à voir avec son envie dévorante de barbe-à-papa ou de tirer sur des ballons agités. Zarbouf n’était plus un enfant, les stands de la fête foraine le laissaient indifférent. Il ramassa ses poils et piqua un sprint jusqu’à l’entrée de la fête. Un homme l’arrêta.
- Faut payer votre ticket !
Puis il examina Zarbouf.
- Oh, désolé, j’avais pas vu. La galerie des monstres est à droite, votre patron vous attend.
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