Zarbouf squatte le web !

De quoi qu'on cause ?

On vous dit souvent que vous êtes un légume, que vous laissez traîner des poils partout ou que vous avez le QI d'une huître ? Alors ce blog est pour vous ! Zarbouf, cet intrépide chou de Bruxelles, sera votre ami (tant que vous le payez en tous cas). Venez découvrir ses aventures toutes plus folles les unes que les autres et laissez-vous emporter par ce flot d'absurdités absurdes ! Encore mieux pour reposer son cerveau qu'une soirée devant TF1 (sauf lorsqu'ils passent House - note d'une auteur). Bonne lecture !
PS : que les personnes mentionnées à l'insu de leur plein gré ne gardent pas rancune aux auteurs, elles ne sont pas responsables de leurs actes (Dieu, si Tu nous lis...).

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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 07:26
"Il est frais mon chou de Bruxelles ! Achetez mon Zarbouf ! Il est frais mon chou de Bruxelles ! Quoi ?! Comment ça il est pas frais, môssieur Cétautomatix ? Vous voulez des baffes, môssieur ?"

Ordralfabétix





             Eh bien en fait, le colonel O’Nul et son équipe avaient profité de l’absence de leur seigneur et maître Zarbouf pour explorer les grottes inexplorées au fin fond de la Zarbcave qui comme leur nom l’indique étaient encore inexplorées au fin fond de la Zarbcave. Ils étaient tombés sur le rassemblement annuel des gens de la nuit, un bal des vampires que ça s’appelle, si si. Ils avaient bu un drôle de liquide tiède et rougeâtre et éprouvaient à présent l’irrésistible envie de se mordiller les uns les autres, chose dont ils ne se privaient pas. Le docteur Klakson tenta d’élucider la mythologie vampirique en assaillant leur doyen de questions, celui-ci (occupé avec une danseuse de French Cancan) lui laissa sa carte de visite afin qu’il le contacte ultérieurement et qu’ils fixent une date pour un entretien.

            Pour en revenir à ce qui se passait sur le vaisseau, mais pas encore à Zarbouf (hey ! ça fait même pas une page qu’on l’a quitté. Il vous manque à ce point ?... Je sais à moi aussi. Enfin... presque...), Anne était toujours enchaînée face au Cladosore. La pauvre souffrait le martyre. Enfin... euh... oui, bon, c’est vrai que si on y regardait de plus près c’était le Cladosore qui était en train de pleurer et Anne qui affichait un sourire triomphant et sadique. Y’a des gens comme ça qui sont intorturables, qu’est-ce que vous voulez, on n’y peut rien nous autres auteurs. Si vous voulez satisfaire vos penchants vicieux vous avez qu’à rejoindre le Divin Marquis, bande de petits tordus ! Pfff, nans mais, j’te jure. Donc Anne, eh ben elle allait très bien. Elle faisait pleurer le Cladosore et s’apprêtait à lui faire avaler sa langue car il avait été malpoli (tiens, ça me rappelle quelque chose...). Alors que le Cladosaure déversait toutes les larmes de son corps sur ses chaussures roses fluo à talons aiguilles, Anne quitta discrètement sa chaise et se dirigea vers la porte. Elle pencha la tête au dehors pour vérifier qu’il n’y avait aucun garde dans le couloir puis faussa compagnie au Cladosaure. Elle se rua hors de l’établissement scolaire et fit signe au premier taxi.

            - A l’angle de la 23ème Nord et de la 42ème Sud ! Vite !

            - On n’est pas dans un mauvais téléfilm américain ici, grogna le chauffeur. Ou qu’elle veut aller la p’tite dame ?

            - Bon d’accord, rue du vieux marché au choux, mais ça l’fait moins quand même.

            - C’qui l’fait surtout c’est mes cinquante balles le kilomètre alors allonge le fric, poupée.

            - Le fric ? s’étonna Anne. Je croyais que les frais étaient pris en charge par la production ? C’est intolérable, il va falloir organiser une grève des personnages de romans.

            (Note d’un coauteur : dites donc, on est pas dans une superproduction hollywoodienne ici ! Les auteurs ne sont pas riches alors faut que les personnages y mettent un peu du leur ! C’est pigé ?) (Ca fait du bien de faire sentir qui est le maître de temps en temps...) Anne donna gracieusement à contrecœur l’argent demandé et le taxi se mit en route. Au bout de quelques mètres, Anne, qui s’y connaissait en permis, ne doutait plus que son chauffeur n’ait trouvé le sien dans une pochette surprise marquée “interdit aux enfants de moins de 36 mois, des pièces peuvent être avalées”. Lorsqu’elle sortit enfin, elle embrassa le sol avec soulagement. (Ah ! On me signale qu’en fait elle embrassait le sol pour imiter les Indiens, sauf que eux ils écoutent avec leurs oreilles et pas leur bouche). Zarbouf finirait inévitablement par se rendre ici, il ne lui restait plus qu’à l’attendre. Mais pas en pleine rue voyons ! Un peu de bon sens ! Anne était dorénavant une fugitive recherchée dans tout l’état du vaisseau ! Des étudiants fauchés accrochaient déjà des affiches “Wanted” dans toute la ville ! Elle devait changer d’identité, de visage, d’empruntes digitales ! Devenir une Madame In Black ! Elle était le docteur Richard Kimble du nouveau millénaire ! Et là je vais arrêter de mettre des points d’exclamation à la fin de mes phrases parce que ça utilise plus d’encre qu’un simple point ! Et l’encre c’est de l’argent ! Et l’argent, Anne la fugitive en a besoin depuis qu’elle s’est fait arnaquer par le chauffeur de taxe-i ! Alors je vais économiser encore plus d’encre en arrêtant d’écrire ! (A ton tour Anaïs, ça me dérange pas si toi tu utilises ton encre) (Eh ! Mais moi aussi je suis pauvre ! Pfff !) En réalité, deux solutions s’offraient à elle : disparaître et rester planquée jusqu’à ce que Zarbouf arrive (ce qui pouvait durer très longtemps étant donné le zigoto) ou changer totalement d’apparence et attendre au milieu de la rue (comme ça au moins elle serait sûre de ne pas le louper). Mais elle ne pouvait pas faire de chirurgie  esthétique, sinon comment aurait-elle pu se faire reconnaître de son époux bigleux ? Soudain elle aperçut une Herren-Berger (c’est une race de professeurs qui a l’habitude de rassembler ses élèves en troupeau) qui sortait de son magasin de vêtements préféré. Ce style était tout à fait à l’opposé de celui de notre grungy-girl. Elle avait trouvé la solution ! Elle entra dans le magasin d’un pas mal assuré. Toutes ces bonnes femmes en tailleurs à fleurs trop serrés et maquillées comme des Picasso qui la regardaient comme une intruse (ce qu’elle était, d’ailleurs) la mettaient mal à l’aise. Elle longea l’allée principale et attrapa le premier ceintre qui lui tomba sous la main (non, en fait elle n’attrapa que le deuxième parce que le premier était un tee-shirt Pokemon, elle était peut-être désespérée mais pas folle). Elle alla directement payer à la caisse (encore une page d’encre en moins, va falloir se serrer la ceinture Anaïs) puis quitta les commères du magasin “Tonton, c’est chic”. Elle alla se changer dans une cabine téléphonique comme superman (enfin sauf que superman il s’assure d’abord que personne ne le voit) et fut bientôt méconnaissable. Et voici en exclusivité la prochaine collection d’été de chez Jean-Paul Goutière...

            Maintenant que Anne est en sécurité avec sa panoplie de Herren-Berger, on peut retrouver Zarbouf... Après avoir sauté du wagon, le chou de Bruxelles était misérablement tombé sur les rails voisins et n’avait échappé à l’écrabouillement sous un Train-en-Grande-Vadrouille qu’en effectuant un saut périlleux arrière pour remonter sur le quai. Il entendit Spichzébuth pousser un hurlement de rage. Mais ça n’avait rien à voir avec ses qualités auditives personnelles, tout l’univers avait entendu ce cri de rage. Il se précipita à travers la gare tandis que des balles de mitrailleuses déchiraient l’air autour de lui. Les sbires de son ennemies étaient déjà à sa poursuite. Soudain il déboula devant un escalier et effraya une pauvre femme qui laissa échapper son landau. Le véhicule à bébé se mit à dévaler l’escalier au ralenti, les balles sifflant autour de lui. Zarbouf se précipita, mais il ne put empêcher le bébé d’aller s’écraser sur le mur d’en face. Il fonça vers les doubles portes vitrées et se les prit en pleine figure.

            - Les portes ne s’ouvrent pas aujourd’hui, l’informa un fonctionnaire sans réelle fonction. Elles font grève.

            Quelques projectiles provenant des mitre-aïe!-euses firent voler les vitres en éclat et et Zarbouf put reprendre sa course effrénée. Il sauta dans le premier bus qu’il vit et démarra en trombe. Une passagère se leva alors et vint prévenir le chou de Bruxelles conducteur :

            - Euh, bonjour je suis Sandra Bulle-Loque. Je crois que vous n’auriez pas dû dépasser les 50Km/h en agglomération...

            - Pourquoi ?

            - Bein d’abord parce que c’est interdit par la loi et que vous risquez de perdre des points sur votre permis, et ensuite parce que maintenant on va être obligés de faire un remake de Spide.

            - C’est quoi Spide ? fit Zarbouf que le discours incompréhensible de cette femme commençait à énerver.

            - Un truc très drôle, vous allez voir, répondit la loque. Si vous ralentissez, la bombe cachée sous le moteur explosera. Ok ?

            - Ko, rétorqua Zarbouf en accélérant. Tenez, vous voudriez pas prendre le volant pendant que je désamorce la bombe ?

            - Bien sûr, je suis là pour ça.

            Ils échangèrent leurs places. Zarbouf ouvrit la porte.

            - Un dernier conseil, fit-il. N’écoutez jamais le baratin des héros.

            Et il sauta. Il se ramassa dans une poubelle, mais au moins il n’était plus dans un bus piégé par je ne sais quel psychopathe. Zarbouf se redressa avec toute la fierté et l’honneur d’un chou de Bruxelles qui a une peau de banane sur la tête. Il regarda autour de lui et constata qu’il était en plein centre ville. Il arrêta un homme avec un grand imperméable brun pour lui demander où il était mais l’étranger ouvrit subitement son manteau à l’intérieur duquel il transportait des dizaines de montres de contrefaçon : des Roldex, des Carter (tiens, ça me rappelle quelque chose...), ... Zarbouf fit un grand sourire puis s’éloigna discrètement. Il voulut s’adresser à une petite vieille mais elle l’assomma avec son sac à main en le traitant de petit voyou pervers. Heureusement il finit par tomber sur un plan de la ville, et quand je dis “tomber” c’est “tomber” parce qu’il avait trébuché sur une crotte de chien en plastique et s’était écrasé le nez contre le panneau. Il découvrit enfin qu’il se trouvait à C’Trace-Bourre-Capitale-Du-Vaisseau-Goa’uld-Que- Spichzébuth-A-Piqué-Aux-Goa’uld, la capitale du vaisseau Gao’uld que Spichzébuth a piqué aux Goa’uld, comme son nom l’indique. Si seulement il avait su qu’il était dans la même ville que sa tendre Anne, mais il ne le savait pas parce qu’on ne peut pas être à la fois dans l’histoire et la lire, bein ouais. Chel nok’in, c’est très con, comme le dirait si bien notre ami Tilt. Eh oui, comment allait-il faire pour retrouver sa bien-aimée ? A moins que ce ne soit elle qui le retrouve... Enfin, pour l’instant Zarbouf était paumé à CTBCDVGQSAPAG (même en abrégé ça reste une ville immense. Mais d’où vient ce nom ? Mon coauteur daignerait-il nous en faire l’hystérique, pardon, l’historique ?). Il examina le plan de la ville. Où Spichzébuth pouvait-elle bien garder Anne prisonnière ? Différentes possibilités s’offraient à lui : la GPL (Grande Prison Lunaire), la GMF (Grande et Moche Forteresse), l’OGM (Organisation des Grands Méchants) ou une fête foraine. Après un long temps de réflexion, Zarbouf en arriva à la conclusion que le lieu le plus évident de détention d’Anne était la fête foraine, et cette conclusion n’avait rien à voir avec son envie dévorante de barbe-à-papa ou de tirer sur des ballons agités. Zarbouf n’était plus un enfant, les stands de la fête foraine le laissaient indifférent. Il ramassa ses poils et piqua un sprint jusqu’à l’entrée de la fête. Un homme l’arrêta.

            - Faut payer votre ticket !

            Puis il examina Zarbouf.

            - Oh, désolé, j’avais pas vu. La galerie des monstres est à droite, votre patron vous attend.

Par Les coauteurs - Publié dans : Le projet Zarbwitch
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 13:51

Très chers lecteurs du dimanche,

Toujours fidèles au poste à ce que nous voyons !
C'est bien, vous aurez droit à un carambar (et ne commencez pas à râler parce que ça fait mal aux dents, hein)

Bonne lecture !

Les coauteurs
Egyptia et Siana




           - Ko, répondit Zarbouf.

            L’homme eut l’air déçu, il tourna le dos et s’en alla en traînant les pieds. Zarbouf leva un sourcil pour essayer de mieux comprendre ce qui venait de se passer. Il s’apprêtait à poursuivre l’huissier lorsqu’une voix chaude et familière le ramena à la raison :

            - Le rattraper tu ne dois pas, mon fils.

            - Jackodule ? demanda Zarbouf à voix haute, un sourire abruti aux lèvres.

            Tous les clients du magasin se tournèrent vers l’étrange chou de Bruxelles qui parlait tout seul. Encore un client du docteur Cros qui s’était trompé d’étage.

            - Ta mission accomplir tu dois, poursuivit Jackodule.

            - Ma mission ? Ah oui c’est vrai. C’est quoi déjà ?

            - Abruti tu es, et pour te guider, contacté je t’ai. Ta femme Anne sauver tu dois. Spichzébuth neutraliser tu dois.            

            Zarbouf se frappa la tête contre une poutre, il avait déjà complètement oublié le but de sa présence dans ce vaisseau Goa’uld, dans la grande surface d’une forêt Amazonnienne. Il remercia son mentor de sa présence d’esprit.

            - Que la force en toi est, n’oublie pas, précisa Jackodule (bein oui quoi, y’en a qui ont Yoda, nous on a Jackodule).

            - La bêtise me protège, plaisanta Zarbouf en n’imaginant pas à quel point il pouvait avoir raison.

            Jackodule pouffa de rire, il était parti pour deux mois au moins, et sa voix s’éteignit lentement.

            - Bon, fit Zarbouf pour lui-même (comme tout chou de Bruxelles il avait l’habitude de penser à haute-voix, d’ailleurs beaucoup de gens l’avaient longtemps cru muet...), donc je dois sauver Anne... ko... euh... ok... Mais... euh... je suis censé faire comment, moi ? Jackodule ? Jackodule ?... Crotti !

            Le chou de Bruxelles chercha de l’aide autour de lui avec un regard affolé. Il était tout seul, perdu et stupide. Comment allait-il pouvoir s’en sortir ? Soudain le paysage s’estompa autour de lui. Avant qu’il n’ait eu le temps de réagir il se retrouva dans le noir complet.

            - Je te tiens enfin, résonna la voix acariâtre de Spichzébuth. Mon détecteur de stupidité t’a repéré !

            Zarbouf, qui était stupide mais pas idiot, à moins que ce ne soit l’inverse, eut aussitôt une idée. Je sais ça vous épate, moi aussi. Il se retourna vers la petite garderie à l’entrée du supermarché, une dizaine de mioches étaient scotchés à un écran de télé diffusant les Pokemons. Il jeta son sabot de fermier dans la télé. L’écran se brisa et les enfants hypnotisés se dispersèrent dans la nature.

            - Ah ah ! ricana Zarbouf. Ton détecteur de stupidité ne saura plus où donner de la tête avec tous ces Poke-maniaques en liberté ! Et il s’échappa dans un couloir sombre pour semer Spichzébuth.

            - Tu ne m’échapperas pas ! hurla celle-ci.

            Zarbouf se mit à courir aussi vite qu’il le pouvait, il ne perçut bientôt plus que le halètement de sa respiration d’asthmatique en crise, le bruit de ses pas claquant sur le sol synthétique, et le son de ses nombreux poils fouettant l’air (quel sadique !). Soudain sa course s’arrêta net. C’était dû au fait qu’il venait de se fracasser le nez sur un pilier qui avait surgit de nulle part. La nuit dans laquelle il évoluait s’éclaira de milliers de petites étoiles. Il se releva avec difficultés, insultant le pilier, et s’apprêta à poursuivre sa fuite. Il heurta un second pilier et maudit l’obscurité, si au moins il avait eu un stylo-brille sur lui ! Soudain, une lointaine lueur dissipa le noir épais. Un halo de lumière anthropomorphe s’avança dans le couloir et s’arrêta devant Zarbouf.

            - Bonjouw je m’appelle Néon, se présenta-t-il. Je suis améwicain.

            - Bonjour, moi c’est Zarbouf. Vous êtes très... lumineux.

            L’homme-ampoule éblouit le chou de Bruxelles par la blancheur immaculée et aveuglante de son sourire.

            - Je suis à la pouh-suite d’un lapin blanc. Vous l’auwiez pas cwoisé paw hasah ?

            - Non désolé, mais je crois avoir cwoisé, euh, wencontwé, euh, vu le chapelier fou tout à l’heuwe.

            Néon haussa ses lumineux sourcils (on aurait presque pu croire qu’il avait fréquenté Tilt).

            - Qui west le chapeliew fouw ?

            - Laissez tomber...

            Soudain Zarbouf eut une idée lumineuse (c’est le cas de le dire), un Tilt comme qui dirait (mais il est partout celui là !).

            - Dites, vous voudriez pas m’accompagner pour éclairer mon chemin tout en éclairant mon esprit en m’apprenant l’améwicain.

            Pourquoi Zarbouf faisait-il une telle requête ? Impossible à dire, le secret demeurera. Peut-être cela avait-il un rapport avec le gêne marqué “anglais” que lui avait légué une de ses deux parentes. Pour ce qui était de sa pathologie psychopathique, il avait hérité ça de son autre parente.

            Ainsi, Zarbouf laissa à Néon le soin de marcher devant, comme ça il pouvait jouer le rôle de l’éclaireur.

            - Tu sais où on peut trouver le disjoncteur ? demanda le chou de Bruxelles.

            - Yeah, je cwois qu’il est à l’autwe bout du vaisseauw.

            Ils tournèrent à un croisement et se retrouvèrent subitement sur un quai de gare.

            - Il va falloiw pwendwe le TER, un Twain En Retawd, pouw le twaverser.

            - Fiuf ! Il est vachement grand ce vaisseau, dis donc !

            - Yeah, c’est pwesqu’aussi gwand que l’America ! C’est pouw ça que je souis là...

            - Pourquoi on t’a mis dehors en Amérique ?

            Une larme translucide apparut au coin de l’œil extrêmement clair de Néon.

            - Yeah... J’étais un peu twop difféwent... Ni blanc, ni noiw, jouste loumineuw...

            Zarbouf fit une grimace révoltée (c’était assez moche d’ailleurs).

            - Je crois qu’il faut que j’aille faire un tour en Amérique ! fit-il de sa voix de  justicier-qui-va-venger-l’opprimé-sauver-la-veuve-et-l’orphelin-rétablir-la-liberté-botter-le- cul-des-méchants-et-se-tirer-avec-la-jolie-fille-à-la-fin.

            Zarbouf savait mettre beaucoup de choses dans sa voix.

            Néon entra le premier dans le wagon tandis que Zarbouf resta sur le quai, hésitant. Il avait toujours voyagé dans la soute à bagages lorsque les pères Lagalère partaient annuellement en vacances à Saint Tropez. Finalement, Zarbouf rattrapa son ami illuminé dans le train et s’installa sur un siège tapissé de chewing-gums séchés. Il y eut un grésillement de micro puis une voix se fit entendre.

            - Vous avez pris place à bord du TER automoteur à destination du bout du vaisseau. Il desservira les gares du milieu et des trois quarts. Départ initialement prévu à 9h51, notre train aura cinq minutes de retard après la demi-heure de retard habituelle. Veuillez nous excusez pour ce contretemps, et n’oubliez pas que les billets ne sont ni repris ni échangés. Pour un supplément de quarante francs, l’agent d’accompagnement écoutera vos complaintes. Merci de voyager avec la Spich Navette Centrale des Fous, nous vous souhaitons une agréable traversée du vaisseau.

            - Ouah ! fit Zarbouf. Ils sont vachement sympas à la SNCF !

            Néon le regawda, pardon !, le regarda, avec incrédulité. Finalement il aurait peut-être mieux fait de choisir la petite pilule bleue, il aurait alors participé à un film à succès et il serait maintenant en train de tourner la suite à succès, au lieu de chaperonner un chou de Bruxelles (à succès !) au physique encore plus tordu que le sien. Il se promit d’engueuler son agent dès qu’il le reverrait.

            - C’est cela oui, répondit-il à l’enthousiasme de Zarbouf.

            Le chou de Bruxelles ne comprit pas, lui fit un large sourire et regarda autour de lui. Soudain il remarqua qu’ils étaient seuls dans le wagon, ce qui était très étrange, les TER étant habituellement bondés, surtout depuis que la SNCF faisait grève pour réclamer plus de carambars aux fêtes de Noël de l’entreprise. Il y avait quelque chose d’anormal. Alors que son petit doigt lui criait cela avec insistance, Zarbouf vit soudain les fenêtres et la porte du wagon disparaître sous un alliage blindé. Ils se retrouvèrent éclairés par la seule lumière de Néon, prisonniers.

            - Alors ? fit soudain une voix triomphante. On croyait m’avoir échappé ?

            - Oh, oh, on va avoir des problèmes, soupira Zarbouf.

            Une énorme cage de fer forgé descendit du plafond et emprisonna nos deux amis. Spichzébuth, une bougie à la main, s’approcha des barreaux rouillés.

            - Attention, vos cheveux prennent feu ! l’avertit Zarbouf.

            - Ah ah ! Tu croyais m’avoir avec ce vieux tour minable ?

            - Non mais...

            - Ca ne marche pas avec moi ce jeu là. Je suis... Ca sent quoi là ?

            - Le poulet grillé ? proposa Néon qui avait été payé par le directeur de casting pour dire une phrase de temps en temps.

            Un nuage de fumée enveloppa Spichzébuth. Paniquée, elle sauta à  pieds joints en tournant sur elle-même et en hurlant. Elle perdit l’équilibre et se roula par terre tandis que les détecteurs de fumée enclenchèrent l’arrosage automatique. Néon poussa un cri au contact de l’eau. Il y eut un éclair aveuglant, provenant du court-circuit qu’avait produit l’humidité sur Néon, et le pauvre figurant qui n’avait rien demandé à personne péta un fusible et disparut en fumée. Mais le court-circuit avait atteint le système électrique du vaisseau. La cage qui emprisonnait Zarbouf retourna d’où elle venait, les volets d’acier se relevèrent, les lumières du wagon se mirent à clignoter. Spichzébuth suffoquait, à moitié noyée dans une flaque, ses cheveux ressemblant approximativement à de la paille calcinée. Zarbouf lui marcha dessus et sauta par la fenêtre du wagon.

            Et là, cher lecteur, comme vous commencez à en avoir marre de n’entendre parler que de Zarbouf (c’est vrai quoi, il est envahissant à la fin), vous vous demandez sûrement ce qui se passe sur Terre. Eh bien en fait...

Par Les coauteurs - Publié dans : Le projet Zarbwitch
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 21:24
"Je fais une soirée chou samedi, ça te dirait de... pas venir ?! J't'ai cassé !"

Brice de Nice




            Zarbouf s’engagea dans le dédale de couloirs des Champs Elysées, ah non c’est pas ça, enfin bref, on s’en bran... /bip/... Il décida qu’il offrirait une Crême-Baume de soin pour le visage à Anne comme ça elle serait elle aussi une femme Barbara Goa’uld, parce qu’elle le valait bien. Alors qu’il était perdu dans la foule, le cauchemar du général Ayadumonde, Zarbouf aperçut une espèce d’insecte géant dégoulinant d’une bave qui rongeait le sol.

            - Bonjour, je m’appelle Aliéné, se présenta la bestiole avec flegme et courtoisie.

            - Salut, moi c’est Zarbouf.

            - Enchanté. Très cher, n’auriez-vous pas vu ma collègue Haleine Replay, aussi connue sous le nom de Ségouré Ouais-Vert ?

            - Ah non, désolé mon ami.

            - Ce n’est pas grave, merci de m’avoir accordé quelques précieuses minutes.

            Puis le monstre s’en alla avec un sourire des plus aimable. Zarbouf poursuivit son chemin. Soudain, après s’être entortillé les poils dans un étrange escalier qui se pliait et qui roulait, et avoir été entraîné, ou plutôt traîné, vers le haut, il se retrouva au milieu d’une foule en délire qui applaudissait à tout rompre. Après avoir dû abandonner quelques poils à l’Est-ce-qu’Al-a-tort, Zarbouf se faufila dans la forêt de jambes pour voir ce qui motivait un tel enthousiasme. Loin au-dessus de lui, il entendit une voix nasillarde sortir d’un haut-parleur :

            - Grande course de F-Hein aujourd’hui ! Venez tous assister au grand spectacle ! De nombreuses stars seront présentes, comme Chou-Ma-Chère ou encore le très célèbre Benne (à Ord’) Ures ! Et si vous êtes audacieux, des caddies sont encore vides et sont prêts à vous embarquer dans cette folle aventure ! Et pour le vainqueur : une nuit de rêves avec la merveilleuse... Clé-Au-Pâtre ! La grande reine des Pires-Amis-De... ! N’oubliez pas : la course est dans une heure !

            (Note d’une des coauteurs, moi en l’occurrence : la F-Hein se nomme ainsi, car les coaches avaient l’habitude de crier “Fonce !” à leurs pilotes, mais comme ceux-ci n’entendaient pas à cause du bruit du moteur, ils répondaient “Hein ?”. De nos jours, la F-Hein se pratique en caddie, c’est-à-dire sans moteur, mais la tradition est restée.)

            Zarbouf passa sous l’arc de triomphe formé par les deux jambes d’un type d’au moins trois mètres, se faufila sous quelques chaises et ne tarda pas à atteindre le guichet des inscriptions. Une femme informa les clients qu’il ne restait plus que deux places disponibles. Zarbouf eut alors une idée (ce qui arrive assez rarement pour être mentionné).

            - Hé ! s’écria-t-il. Ruisselle Crocs du film “Radiator” signe des autographes à la “Flaque” !

            Des cris s’élevèrent de la foule en folie qui se rua comme un troupeau de buffles vers le célèbre magasin. En moins d’une minute, la grande allée fut complètement déserte. Zarbouf, qui avait lui aussi suivi le mouvement de la foule, s’arrêta brusquement et se rappela que c’était une ruse. Il remonta l’Est-ce-qu’Al-a-tort et alla signer le registre des inscriptions à la course de F-Hein. La charmante dame du guichet lui tendit une feuille et un stylo et lui dit d’une voix revêche et désagréable, rappelant le son d’une brosse métallique frottée sur un tableau noir (Aïe ! Mes dents !) :

            - Signez ici !

            Zarbouf obéit précipitamment. Cette voix lui rappelait trop celle de Prude Lagalère. Vous me direz, mais comment est-ce possible alors  que cette brave femme était morte bien avant la naissance de Zarbouf, même si celle-ci eut lieu à une date indéterminée ? En fait, en fouillant dans un placard, Zarbouf avait un jour trouvé des enregistrements de conversation qui avaient été effectués dans l’hôpital psychiatrique où cette pauvre Prude avait été placée, après être sortie toute nue dans la rue en criant que Dieu était vicieux et qu’il la regardait prendre sa douche (ce qui n’était pas faux). Après qu’il ait écouté ces enregistrements à l’ambiance angoissante, Prude avait hanté pendant longtemps les nuits zarboufiennes. Le chou de Bruxelles avait d’ailleurs suivi une longue thérapie en compagnie du docteur Cros (rien à voir avec l’acteur), un psy qu’il avait rencontré à une réunion de psychopathes anonymes à laquelle il s’était rendu par erreur (il avait confondu la salle avec celle de son cours de cuisine). Bref, passons. Il restait à Zarbouf un peu moins d’une heure avant le départ de la course, il devait se préparer psychologiquement...

 

            Spichzébuth retira le bandeau des yeux d’Anne. La ravissante épouse de Zarbouf était ligotée sur une chaise au premier rang d’une salle de classe. Il y avait un verre sur la table devant elle, et une onde perturba soudain la surface de l’eau. La porte s’ouvrit dans un grincement aigu et un terrifiant Cladosor-Rex apparut.

            - Good morning !

            Anne frémit de tout son corps, mais c’était sans doute dû aux vibrations qui parcouraient l’air quand le Cladosor-Rex lançait son cri. Spichzébuth ricana et se pencha vers Anne.

            - On va voir si tu tiens le coup face à “ça” ! Je te préviens, la plupart des gens ne tiennent pas plus de quelques minutes...

            Anne haussa les épaules.

            - Ca peut pas être pire que supporter votre haleine. Prenez un cheewing-gum, Spich !

            Spichzébuth se recula brusquement en rougissant. Elle savait que le Coke-A lui donnait mauvaise haleine, mais elle en pouvait pas s’en passer, elle était une véritable droguée. Peut-être qu’il aurait fallu qu’elle s’inscrive chez Coke-Aphiles Anonymes. Elle fit un nœud dans son mouchoir rouge et jaune à petits pois pour ne pas oublier de demander l’adresse à Cordell. Puis elle jeta un regard méprisant à Anne et se dirigea vers la sortie.

            - Et surtout mauvaise chance ! fit-elle en claquant la porte.

            - Même pas drôle..., rétorqua Anne peu convaincue.

            Un “Wake up” tonitruant lui fit tourner la tête, tout en la décoiffant sévèrement.

            - Nous allons étudier la linguistique anglaise aujourd’hui. Vous allez avoir un pur accent British en sortant d’ici. Nous commencerons par nous entraîner à la prononciation de ces différentes lettres : a/e/µ/§/&/@. Allez, répétez après moi.

            Anne se soumit à la torture, en sortant d’ici elle ne manquerait pas de commencer une nouvelle thérapie chez le docteur Cros. Mais où donc était son tendre époux ? Zarbouf, pourquoi es-tu Zarbouf ? Et pourquoi es-tu aussi attardé ? Mais que faisait-il donc pendant que sa bien-aimée endurait la souffrance ?

 

            Vroum ! Le moteur vrombit. La MacLaren (ce n’est pas un hamburger) fila comme une flèche sur la route accidentée, heurta un poteau et fit des tonneaux jusqu’au bas de la montagne. “Game over”. Zarbouf reposa la manette de la console, il était fin prêt pour la course (eh oui, il n’avait fait aucun mort dans cette partie, quel progrès). Le chou de Bruxelles se tourna alors vers une rangée de chariots flambants neufs : la course des ménagères allait commencer. Le principe était fort simple : chaque concurrent disposait d’un chariot avec direction assistée, freinage ABS, air-bag, etc., le fin du fin quoi. Il se voyait remettre une liste d’achats, et son but était de trouver les objets les moins chers correspondant à cette liste, les jeter dans le chariot, ramener le tout à la caisse, payer (en faisant la conversion en  €uros, cela va de soi) et sortir. Le premier qui franchissait les portes automatiques était déclaré vainqueur. (les gérants du Aux Champs, de grands visionnaires, avaient eu cette idée en glandant devant une course de F-Hein à la télé) Mais cette course était difficile et dangereuse, car la règle d’or était : “il n’y a pas de règles”, les concurrents pouvaient donc entraver leurs adversaires comme ils voulaient... Zarbouf récupéra son chariot numéroté 13 (comme par hasard...), enfila son casque à fleurs et se plaça sur la ligne de départ. Trois... deux... un... Pan ! La balle traversa le crâne d’une vieille grand-mère ce qui faisait déjà une concurrente de moins. Zarbouf s’élança dans l’allée principale, pour gagner du temps il sauta dans le chariot lancé à pleine vitesse (bon, après il perdit quelques minutes à désencastrer le chariot du mur dans lequel il avait foncé, mais quand même). Il attrapa un paquet de pâtes, de la farine, des champignons, de la crème fraîche, une escalope de dinde et des croûtes (la recette des bouchées à la reine est disponible sur le site inter-bête de Zarbouf). Il ne lui manquait plus qu’une bouteille de vin blanc pour donner corps à la sauce (attention, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé). Il constata avec effroi qu’il ne restait plus qu’un bouteille sur l’étalage et une vieille mamie piquait un sprint dans sa direction. Zarbouf s’élança en avant. (Attention effet cinématographique. Toute la scène se déroule au mega-ralenti pour faire monter le suspense...)

- T... ou... ch... e... p... as... à... la... bou... tei... lle..., la... viei... lle !! hurla Zarbouf à la vitesse d’un escargot au galop.

            Ses poils voltigeaient autour de lui avec grâce (enfin dans son cas c’est plutôt avec graisse. Comme il avait les poils secs il avait pris l’habitude de les enduire d’huile), lui cachant par intermittence les yeux. A un certain moment, le ralenti devint tellement lent que Zarbouf crut que la nuit était tombée (je rappelle qu’il avait les poils devant les yeux) et s’endormit presque. S’il continuait à ralentir de la sorte il allait passer en marche arrière. Le nain et la mamie, qui était d’ailleurs elle aussi une naine voûtée, se heurtèrent violemment. Il y eut un espèce de “flop” quand leurs deux chairs flasques entrèrent en contact, un peu comme un plop pudding anglais. Quatre mains griffues se refermèrent sur la bouteille et tirèrent en sens inverse. Constatant qu’ils étaient à force égale, Zarbouf eut un teal’c.

            - De la colle à dentier en promotion ! hurla-t-il.

            La grand-mère fixa cyniquement le chou de Bruxelles et le gratifia d’un sourire édenté. Une étoile brilla sur son unique canine d’argent et elle dit :

            - Je n’ai pas de dentier ! Ah ah !

            - Zuteuh ! s’exclama le chou de Bruxelles. Pour une fois que j’avais une idée ! Vous êtes vraiment pas sympa !

            La vieille haussa ses épaules qui cliquetèrent et s’apprêta à tirer de toutes ses forces gâteuses. A ce moment Zarbouf passa en vitesse très rapide. Il eut un deuxième teal’c (tous ceux qui le connaissent bien savent que ça ne lui arrive que très rarement dans la même année).

            - Super prix sur le produit pour faire briller l’argent que personne sait comment ça s’appelle ! cria-t-il.

            Le sang de la vieille ne fit qu’un tour (faut dire que la pompe qui lui servait de cœur n’était plus très performante) et elle se précipita vers le rayon fruits et légumes. Zarbouf soupira et serra la bouteille contre lui. C’est alors qu’il remarqua qu’il s’agissait d’un crémant. Discrètement, il reposa l’alcool sur l’étagère et se dirigea vers une cinquantaine de bouteilles de vin blanc disposées en pyramide au bout du rayon. Comme il était trop petit il en prit une du bas. Il eut peur pendant les quelques secondes où la structure tangua, puis les bouteilles se stabilisèrent. Soulagé, Zarbouf souffla, et la toute la pyramide d’alcools bascula et le verre se brisa dans un bruit infernal sur le carrelage fraîchement nettoyé. Dommage. Zarbouf s’éclipsa rapidement. La caisse était à seulement quelques mètres devant lui. Soudain Zarbouf entendit un grand “pfuitt !”. Le chariot avait crevé ! Le chou de Bruxelles sentit la main glacée de l’angoisse étreindre sa gorge poilue. Comment allait-il pouvoir changer la roue de son chariot en plein milieu du magasin ? Heureusement il avait un peu de temps devant lui, les autres concurrents étant occupés à reconstituer les bouteilles de vin (genre les Replicators quand ils se reforment, mais en nettement moins efficace...) (saleté de crabes !). Zarbouf mobilisa toute sa faculté de concentration quasi inexistante pour retrouver ses idées de Zarb-Gyver. Il ouvrit la boîte des croûtes de bouchées à la reine, en prit une, et la vissa à la place de la roue. Après quelques essais il constata que c’était une idée stupide (tout à fait le genre d’idée que les Asgards viennent chercher sur Terre, on devrait leur envoyer Zarbouf la prochaine fois) (non, non, ma co-écrivaine et moi n’avons pas du tout regardé Stargate avant d’écrire, bon d’accord un tout petit peu, seulement pendant près de deux heures...) et... et je vais recommencer ma phrase parce que plus personne ne suit. L’idée de Zarbouf était donc nulle, ce qui ne surprend personne, et il fit un croche-pied à un vieillard qui faisait gentiment ses commissions pour lui piquer son chariot. Le chou de Bruxelles fit le transfert de ses achats et franchit le dernier mètre qui le séparait de la caisse. Une grosse caissière qui mastiquait avec ardeur un chewing-gum lui jeta un regard mauvais.

            - ‘Jour ! cracha-t-elle en même temps que son chewing-gum.

            Elle récupéra ce dernier dans les poils de Zarbouf et se remit à le mâchouiller sans prendre garde au fait qu’il avait doublé de volume et était devenu très filandreux (note de l’auteur : BEURK !!!) (note de l’autre auteur : BEURK aussi !!!). Le chou de Bruxelles déposa ses courses sur le tapis volant roulant. La caissière, dont le badge portait la mention : “Bonjour, je m’appelle Ginette”, fit passer les courses au décrypteur laser high-tech qui permettait de dire pour quel montant votre banquier vous tuerait. Finalement, elle appuya sur une touche et annonça :

            - Quinze mille quatre cent francs trente-trois centimes !

            Zarbouf eut un haut-le-cœur, mais sortit tout de même sa carte de crédit. La caissière lui demanda de taper son code personnel. Zarbouf déglutit, il avait toujours eu des problèmes à retenir les choses par cœur. Heureusement, le docteur Klakson avait passé trois moi complets à l’aider à retenir le numéro de sa carte (le pauvre docteur avait bien failli ne jamais recouvrer sa santé mentale après cette longue épreuve). Zarbouf tendit le doigt vers les touches numériques et parla à voix haute pour mieux réfléchir (aller, tu peux le faire) :

            - ... 2... 2... euh... 2... ah la la, le dernier est le plus dur... 2 !

            Le code fut accepté. La caissière enfourna les achats dans un sachet troué et balança sa carte de crédit à Zarbouf.

            - Voilà, j’ai tout fait ! s’exclama le chou de Bruxelles. J’ai gagné ?

            La caissière fronça les sourcils, réfléchissant.

            - Euh..., fit-elle, attendez, je vais vérifier...

            Elle saisit un micro et sa voix retentit dans tout le magasin, étrangement amplifiée.

            - Un responsable du concours à la caisse 7, s’il vous plaît ! Un responsable du concours, merci !

            Elle reposa son micro et se tourna vers Zarbouf en mâchouillant.

            - Faut attendre, il va arriver... Vous pouvez pas vous pousser un peu y’a d’autres clients.

            - Traitez-moi d’objet encombrant pendant que vous y êtes ! s’exclama le chou de Bruxelles, offusqué par le comportement insultant de Ginette. Il me semble que je suis poli, moi ! J’aurais pu vous traiter de grosse ruminante, espèce de grosse truie violette !

            Ginette devint pâle de rage.

            - Nan mais pour qui elle se prend, la boule de poils puante !

            Elle tira les poils de Zarbouf. Le chou de Bruxelles lui tira les cheveux. S’en suivit un véritable pugilat, qui fut brusquement interrompu par le toussotement d’un petit homme grassouillet, ressemblant à un huissier de justice ou à un certain maître Cape-Elle-Eau.

            - Excusez-moi, intervint le petit homme sur un ton solennel.

            - Oh, mais quelle belle cravate vous avez là, félicita Zarbouf qui était soudain passé de l’état de chou de Bruxelles à celui de faillot.

            L’homme se pencha au-dessus du chariot de Zarbouf et examina les articules à la loupe. Il y eut un silence puis le responsable du concours annonça :

            - Désolé mon vieux, mais le paquet de farine est périmé de quinze minutes. Je ne peux pas vous laisser gagner, ce serait de la fraude. Imaginez que vous prépariez un repas pour vos invités avec ça, ce serait l’intoxication alimentaire, une ambulance d’urgence, une opération en clinique, la salle de réanimation, la morgue. Et là je reste positif.

            - Mais euh... Ca veut dire que j’ai pas gagné alors ?

            - Je dirais même plus, ça veut dire que vous avez perdu, répondit l’homme avec un sourire éclatant.

            Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles la tension monta si haut qu’elle en eut le vertige. Zarbouf sourit à son tour, mais du sourire du chou de Bruxelles psychopathe.

            - Je vais vous tuer, annonça-t-il aimablement.

            L’homme blêmit.

            - Mais enfin... c’est un malentendu, je... Voyons... ce n’est pas si grave...

            - Oh, et j’allais oublier : je songe de plus en plus sérieusement à manger votre femme.

            Le visage de l’homme s’éclaira.

            - C’est vrai, vous feriez ça ? Ecoutez, voilà le deal, vous manger ma femme et moi je vous laisse gagner, ok ?

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 07:25
"Mais moi les choux de Bruxelles, j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins d'Paris qu'on va l'retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile..."

Raoul




              Il dévala la pente pleine de vase et ne tarda pas à faire un plongeon dans ce qui était visiblement une reconstitution du Nil. Une dizaine de jurys derrière un bureau levèrent des petits panneaux au dessus de leur tête : 9.9 ; 9.8 ; 9.9 ; 10 ! Zarbouf avait battu le record du monde du plus beau plongeon. Il n’eut toutefois pas l’occasion d’apprécier la salve d’applaudissements car le Croque-Odile s’était déjà emparé de son fond de pantalon et il tenait à garder le reste. Il échappa à son agresseur en grimpant sur un énorme baobab au sommet du quel un couple de Fosas se reproduisait. Tout à coup, il aperçut une trace de civilisation au loin. En pleine cambrousse se dressait un monstrueux amas de béton : un gigantesque centre commercial nommé “Aux Champs”. C’était sa seule chance d’échapper au Croque-Odile. En effet, tout le monde sait que les Croque-Odiles ne supportent pas les magasins de chaussures et de sac-à-mains et il devait sûrement y en avoir un dans la grande Galle-qui-rit Marche-dans-les-Andes de ce centre commercial ! Zarbouf se laissa glisser au bas du baobab et piqua un cent mètres. Plusieurs grands noirs en tenue de sport moulante essayèrent de l’arrêter, mais il les dépassa, le Croque-Odile aux fesses, au sens littéral de l’expression. Sans faire attention il arracha en passant un petit fil sous une banderole marquée “arrivée” et déclencha un tonnerre d’applaudissements. Il apercevait les portes du “Aux Champs”, il était presque sauvé !!! Mais seulement presque, parce que les dangers du “Aux Champs” sont nombreux, il n’allait pas tarder à s’en rendre compte. Le chou de Bruxelles suivit les gens qui se dirigeaient vers une curieuse porte tournante. Il fit plusieurs fois le tour du poteau central avant de comprendre qu’il fallait entrer dans le couloir et ne pas suivre la porte de verre tournante pendant des heures. Il tituba un peu car le hall continuait à tourner autour de lui. Lentement, une image se fixa devant ses yeux. Il était devant un magasin “Hugo bosse”, quelle aubaine, il allait pouvoir remplacer son pantalon déchiqueté. Il entra dans le magasin d’un pas ferme et résolu. Une vendeuse qui était en train de balayer se dirigea vers lui et le jeta dehors d’un coup brusque de son arme. Elle se tourna vers sa patronne qui était assise à la caisse.

            - Faudrait régler la ventilation, y’a vraiment des poussières énormes !

            Outré par ce manque de respect, Zarbouf se releva dignement et entra à nouveau dans le magasin.

            - J’aimerais un pantalon, fit-il de sa voix la plus polie.

            La vendeuse se tourna vers lui, ouvrit de grands yeux horrifiés et poussa un hurlement de terreur, avant de s’enfuir en courant. Zarbouf soupira. Il ne lui restait plus qu’à se servir lui-même. Il attrapa un pantalon en tweed brun à la coupe très British taille MM (micro-mini, et non pas M&M’s) puis s’enferma dans une cabine d’essayage. Il scruta le plafond afin d’être sûr qu’il n’y avait pas de caméra pour l’espionner puis enleva son vieux pantalon dont la moitié était en train d’être digérée dans l’estomac du Croque-Odile. Quoi que le rideau ne servait pas à grand-chose puisque Zarbouf était si nain qu’on le voyait des pieds jusqu’au nombril. Enfin passons. Zarbouf enfila les jambes du pantalon puis poussa subitement un hurlement de chanteur d’opéra. L’agrafe qui fixait l’étiquette du prix au pantalon transperça de part en part le pouce du chou de Bruxelles. Le sang gicla dans toute la cabine en recouvrant les murs dans un bruit mat. Une marre pourpre se forma aux pieds du mutilé de guerre, menaçant de le noyer sous peu.

            - Oh la la la ! Oh la la la ! Oh la la la ! fit Zarbouf.

            Heureusement son cerveau génial et quasi-inexistant lui souffla une idée. Il enroula ses poils autour de son doigt ensanglanté, blessé, mutilé, amoché, en bref dans un état pitoyable. Il réussit ainsi à stopper l’hémorragie, et par la même occasion l’inondation. Incroyable tout de même la quantité de sang que peut contenir un chou de Bruxelles. Cela aurait sans doute intéressé une certaine catégorie de personnes possédant des canines surdimentionnées, un certain dégoût de l’ail et une peur bleue du soleil. Si vous ne voyez pas de qui je veux parler, permettez-moi de vous dire que vous êtes carrément inculte. Zarbouf se mit à quatre pattes et s’éclipsa discrètement du magasin, car il vaut mieux rester silencieux quand Hugo bosse, et aussi parce qu’il n’avait pas envie qu’on le prenne en tant que serpière pour nettoyer ses cochonneries. Ce ne fut qu’une fois à plusieurs mètres du magasin qu’il soupira enfin, en plus il avait un nouveau pantalon, plein de sang ko, euh ok (même moi je me plante maintenant, merci Zarb), mais il l’avait eu gratis. Le chou de Bruxelles se trouvait à présent face à un magasin de bibelots nommé “On vend pire”. Les vitrines étaient fumées et la porte entrouverte laissait apercevoir une pièce sombre. Zarbouf était certain de trouver un cadeau pour son prochain anniversaire de mariage avec Anne ici. Il entra, poussant davantage la porte. Un glas lugubre résonna.

            - La porte ! siffla quelqu’un.

            - Désolé, fit Zarbouf en refermant la porte serviablement.

            Il entendit un froissement d’étoffe, quelqu’un se déplaçait dans le noir. Cette personne renifla délicatement.

            - Vous vous êtes blessé ? murmura-t-elle.

            - Oui, euh... Vous voudriez pas allumer la lumière ? J’ai un peu peur dans le noir...

            Zarbouf se sentait de plus en plus mal à l’aise, il sentait le danger autour de lui. Et pour une fois (si, si, ça arrive), il n’avait pas tort. L’inconnu craqua une allumette et alluma une bougie. Son visage extrêmement pâle apparut comme une tâche blanche dans l’obscurité. Zarbouf déglutit.

            - Je... Je cherche un... un cadeau pour ma femme, bafouilla le chou de Bruxelles.

            - Quel est votre groupe sanguin ? demanda l’homme en noir (non, ça n’est pas Dark Vador) d’une voix ronronnante.

            - Euh... Je suis omega-tiffe, comme Spichzébuth.

            - Ah, je préfère les A positifs mais ça fera l’affaire.

            L’homme s’approcha de Zarbouf en dévoilant deux longues canines humides. Soudain, la lumière de la bougie éclaira le visage de Zarbouf, ses yeux d’un blanc laiteux, son nez en trompette, ses oreilles poilues. Le vampire ravala sa salive d’un air dégoûté.

            - Bon alors, s’impatienta Zarbouf. Je vous préviens que je partirai pas d’ici avant d’avoir trouvé un cadeau pour ma tendre Anne.

            - Euh oui... Si vous me permettez une suggestion, le plus beau des cadeaux que vous puissiez lui faire, c’est de disparaître dans la nature.

            Zarbouf haussa les sourcils sans comprendre.

            - Vous savez, ajouta le vampire, ça fait des centaines d’années que je hante la Terre et j’ai jamais vu une horreur comme vous. Vous êtes sûr qu’elle est pas aveugle votre  Anne ?

            Zarbouf eut l’air indigné.

            - Franchement, poursuivit le vampire, vous vous êtes jamais demandé pourquoi elle s’intéressait à une... une chose comme vous ? (à mon avis c’est pour le sexe, elle est pas aussi innocente qu’elle en a l’air la petite Anne)

            - Bien sûr que si !

            - Et alors ?

            - Ben... en fait... euh...

            Zarbouf s’interrompit. C’était vrai qu’il ne savait pas pourquoi Anne l’avait épousé. Et vous aussi, vous vous le demandez, cher lecteur, non ? Je laisse à ma collègue le soin de vous expliquer cette mystérieuse histoire d’initiales... Ô combien de personnes se sont déjà heurtées au délicat problème d’Anne, quelle mystérieuse attirance elle éprouve pour un dénommé CB. Eh oui, il s’agissait en réalité d’un Chou de Bruxelles. Ca vous en Bouche un coin, hein ? Tous ceux qui ont longtemps cherché à résoudre cette enquête peuvent à présent s’arracher les cheveux (sauf les chauves, ils ont qu’à s’arracher les poils) face à la simplicité logique et flagrante de ce fait indéniable. Un Chou de Bruxelles avec une Carte Bancaire, Zarbouf était tout désigné pour plaire à la charmante Anne, ils avaient été destinés l’un à l’autre dès le départ.

            - T’as qu’à lui offrir du Champagne en Bouteille.

            Cela demandait réflexion, m’enfin fallait peut-être d’abord sauver Anne du Champ de Bataille sur lequel s’affrontaient Zarbouf et sa pire ennemie Spichzébuth. C’est Bien beau tout ça, mais faut pas compter sur moi pour continuer. Revenons-en à nos Choux de Bruxelles (zuteuh ! moi qui voulait plus faire de CB...). Le vampire raccompagna Zarbouf jusqu’à la porte.

            - Allez, Chance Bonne (zuteuh !) ! Ta-ta !

            - Pourquoi tu me parles de ma tata ? fit Zarbouf en ouvrant brusquement la porte, laissant le passage à un violent rayon de soleil.

            Zarbouf entendit un gémissement et se retourna. Le vampire était parti. Il y avait un petit tas de cendres là où il s’était tenu.

            - Ah la politesse de nos jours, maugréa Zarbouf en s’éloignant sous les néons du “Aux Champs”.

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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 21:32
"Attention, Zarbouf, derrière toi c'est affreux !"

Tous ceux qui regardent dans un miroir auquel Zarbouf tourne le dos




              Il se sentait tout petit (encore plus que d’habitude, si c’est possible) au milieu de cette nature envahissante. (Alors là mon copain Riz D’Laid Scotch filme Zarbouf de haut et s’éloigne jusqu’à ce qu’il ressemble à un chou de Bruxelles au centre d’une immense assiette d’épinards.) Zarbouf sentait des milliers d’yeux peser sur lui. Paniqué, il sortit une caméra de son sac, la posa sur son épaule gauche et se mit à courir entre les pins et les baobabs qui faisaient très bon ménage. Soudain il trébucha et s’étala misérablement. Il se retourna. Des petites figures vaudous faites de branchages entrecroisés étaient la cause de sa chute. Il frissonna. Où était-il tombé ? Sur un tas de mousse, oui, bon d’accord. Mais dans quel endroit ? Soudain il entendit des cris d’horreur. Il vit passer deux étudiants armés d’une caméra et d’un micro qui courraient en direction des hurlements. Il récupéra sa propre caméra et les suivit. Sa respiration devint aussi saccadée que celle d’un asthmatique et son nez se mit à couler au dessus de l’objectif de la caméra. Il slaloma entre les hauts troncs d’arbres et déboucha sur une petite place au centre de laquelle se dressait une imposante maison en ruines. Il poussa la porte d’entrée qui s’ouvrit dans un grincement désagréable, un peu comme la voix exaspérée d’Anne lorsqu’elle tentait d’inculquer les valeurs de la famille à ses enfants. Il fit quelques pas dans la pièce sombre lorsqu’AOUTCH ! Un piège à souris claqua brusquement sur les doigts de pied du chou de Bruxelles. Zarbouf poussa un hurlement à réveiller les morts. D’ailleurs certains se retournèrent dans leur tombe avec un grognement mécontent avant de se rendormir. Pendant ce temps Zarbouf sautillait sur place en se tenant le pied et en gémissant. Il finit par perdre l’équilibre et tomba nez à nez avec une araignée au moins aussi velue que lui. Il poussa un nouveau hurlement et se releva avec affolement. Il se mit à courir en tous sens, cherchant la porte, mais il était enfermé dans la maison !! Il poussa un cri strident de soprano qui fit trembler la terre (enfin le vaisseau, bien sûr, je veux dire la terre dans le vaisseau quoi) pendant quelques secondes.

            - Oh ! Oh ! Oh ! s’exclama un petit être velu qui sortit tout à coup de l’ombre.

            - Vous, vous... vous, vous... vous, vous... bégaya Zarbouf, effaré.

            - Je suis qui ? proposa la doublure de Zarbouf (avec l’intelligence en plus, mais pas autant qu’Anaïs qui a 131 de QI, ça vous en bouche un coin hein ?).

            - Ou... ou... oui.

            - Eh bien je suis un troll, gardien de cette forêt reconstituée. Si tu veux sortir de là il faut remplir le registre.

            Zarbouf eut à peine le temps d’accepter qu’il se retrouvait déjà noyé sous une pile de dossiers à remplir : “Nom, prénom, adresse, nom de jeune fille du grand-père, poids sur la lune en grammes, longueur du système intestinal, ...”.

            - Vous avez fait des études dans l’administration ? demanda le chou de Bruxelles qui retrouvait sa confiance en lui.

            Le troll ne répondit que par un ricanement sadique. Ce qu’il ignorait c’est que Zarbouf avait fait administratif deuxième langue (la première étant le chou-de-bruxellois) et que chez les pères Lagalère c’était lui qui était chargé de remplir les dossiers. C’était d’ailleurs une de ses seules corvées au monastère, enfin, avec toutes les autres. Au bout de quelques secondes de remplissage intensif, il se tourna vers le troll au bord de l’évanouissement.

            - Autre chose ?

            - Empruntes digitales, scanner du crâne, analyse de la structure moléculaire, clonage des organes cancérigènes...

            - Euh, siouplé ! interrompit Zarbouf en levant le doigt comme le fait si bien un certain égyptologue que je ne connais pas du tout et que d’ailleurs personne ne voit de quoi je parle. Avant mon départ je suis passé prendre mon dossier à la SPICH, la Société Protectrices des Inventeurs de Choux de Bruxelles, mes deux merveilleuses créatrices ont pensé à tout.

            Et il confia un joli petit dossier tout beau tout propre sur lequel était tamponné “Confidentiel” en gros caractères rouges au troll. Ce dernier parcourut la sublime écriture de Priscilla sur les feuilles blanches et tomba aussitôt amoureux (non, je ne suis pas désespérée à ce point ; mais on sait jamais, peut-être que ce troll deviendra un jour riche, célèbre et beau, on peut toujours rêver). Il observa le scanner de la boîte crânienne et ne fut pas surpris de découvrir une cacahuète cernée d’un immense vide. Tous les papiers semblaient être en règle.

            - Bon, d’accord, fit-il avec résignation. Il ne me reste plus qu’une chose à vous demander, mais ce sera certainement trop facile pour vous...

            Zarbouf bomba le torse et prit l’air intelligent, dans la mesure du possible naturellement, et dans ce cas là la mesure du possible confinait à celle de l’impossible, mais bon, quand même.

            - Alors, fit le troll toujours désespéré, il me faut le nombre d’enfants que vous avez et leurs prénoms.

            Zarbouf ouvrit la bouche et la referma aussitôt, ayant maintenant l’air définitivement stupide. Une lueur d’espoir s’alluma dans les yeux du troll.

            - Les pyramides soient louées ! soupira-t-il. J’avais oublié une feuille dans le dossier. Il y est dit que tous les renseignements concernant vos enfants sont tenus secrets par l’une de vos créatrices pour cause de, je cite : “galerie en construction”, tout ce qu’il y a à savoir se trouve sur www.zarbouf.con (et c’est également l’occasion de lire Retour vers le chou de Bruxelles que je co-écris avec Jessica - qui entre parenthèse ne vaut pas Anaïs, mais bon, quand même, hein.).

            Le troll donna une tape dans le dos de son congénère à poils (poils avec un “s” parce qu’il est pas tout nu, et c’est tant mieux pour nous), l’aida à se relever puis le conduisit à la porte :

            - Allez, bonne route. Et si je puis me permettre, tu devrais passer au salon de coiffure Spisser à Geispolsheim à l’occasion (ceci est tiré d’un fait réel) (comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction...).

            Zarbouf se demanda pourquoi ce nain étrange lui recommandait d’aller chez le coiffeur alors qu’il y était passé une semaine plus tôt. Le problème c’est qu’il n’avait toujours pas compris que passer chez le coiffeur signifiait aussi y entrer et se faire couper les cheveux, enfin les poils dans son cas (en ce qui concerne Zarbouf c’est carrément chez le toiletteur qu’il devrait aller) ( c’est vrai ). Une chose de plus parmi les nombreuses qu’il devait encore apprendre dans la vie, comme manger du riz avec des baguettes en carton, faire du vélo sans les petites roues, dormir sans veilleuse, etc.

            Le chou de Bruxelles se retrouva à nouveau dans la forêt hostile. Il fit quelques pas et se rendit compte qu’il était déjà passé par là. Oh mon Dieu il tournait en rond ! Il s’était perdu ! Il se rappela alors de l’histoire que sa nourrice personnelle lui avait raconté l’autre soir : “Le Petit Poucet”. Zarbouf ramassa une poignée de petits cailloux bancs (parce qu’ils sont plus joli que les noirs et les gris) et les mis dans son sac (une ravissante petite pochette en crocodile rose génétiquement modifié). Il continua son chemin en semant les cailloux derrière lui cette fois. La boule de poils regretta intérieurement de ne pas pouvoir semer du pain derrière lui, ça aurait été moins lourd. Et puis ça aurait fait plaisir à tous les oiseaux qui le regardaient passer. Mais il n’avait pas de quoi satisfaire son désir d’altruisme ce jour là. Il marcha ainsi un bon moment, faisant confiance à son instinct pour le guider (il n’y a qu’un chou de Bruxelles pour faire une chose pareille...). Soudain il tomba sur des petits cailloux blancs étrangement alignés, comme jetés là par quelqu’un de malintentionné. Méfiant, il se mit à suivre la piste tout en continuant à jeter les cailloux derrière lui. Au bout d’un moment, sa main heurta le fond creux de son sac : il n’avait plus de pierres en stock. Que faire ? Il ramassa alors les cailloux qui constituaient la mystérieuse piste devant lui et les jeta par-dessus son épaule. Soudain, il eut un tilt (mais non, pas le Ga-Fa, on a qu’à dire un Teal’c si vous préférez). Il se retourna et observa la ligne de cailloux blancs qu’il avait formée derrière lui. Si ses cailloux étaient de la même couleur que ceux de la personne malintentionnée qu’il traquait, comment pourrait-il les différencier ?! Heureusement qu’il avait toujours une bombe de peinture sur lui. Il commença alors à recouvrir tous les cailloux blancs qu’il récupérait d’Avis 3000 - Extra Blanc”. Grâce à cette idée ingénieuse, il était sûr d’arriver à différencier les cailloux. Il se félicita lui-même d’être aussi intelligent et reprit son chemin. Mais au bout de trois heures de marche il en eut assez de suivre cette piste qui ne menait nulle part, d’autant plus que celui qu’il poursuivait, ayant compris sa technique, s’était aussi mis à peindre les cailloux et qu’il avait de la peinture plein les doigts. Il finit par lever le nez, enfin les poils, de la piste. Il s’assit sur un vieux tronc d’arbre desséché, échoué près d’une rivière, et essaya de réfléchir. Soudain le tronc se mit à bouger et l’entraîna vers la rivière. Zarbouf s’était assis sur un Croque-Odile !!!
Par Les coauteurs - Publié dans : Le projet Zarbwitch
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